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Et le cœur fume encore

  • CONCEPTION, MONTAGE ET ÉCRITURE
    Margaux Eskanazi et Alice Carré
  • AVEC DES EXTRAITS DE
    Kateb Yacine, Assia Djebar, Jérôme Lindon
  • MISE EN SCÈNE
    Margaux Eskanazi
théâtre
Et le cœur fume encore © Serge Bloch
  • 7 Décembre 2019 - 20 Décembre 2019
du lundi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h 30, Relâche le mardi
Durée
2 h – salle Roger Blin

Écrire en pays dominé : c’est sous le signe de l’ouvrage de Patrick Chamoiseau que la compagnie Nova a voulu placer ses deux derniers spectacles. Après Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre, traversée poétique, politique et musicale des courants de la négritude et de la créolité, Et le coeur fume encore retrace les mémoires, les littératures et les silences de la guerre d’Algérie. Cette saison, le TGP présentera le premier volet du diptyque dans onze lycées d’Île-de-France et le second en ses murs.

Partant du constat que les non-dits entourant la guerre d’Algérie imprègnent encore un nombre considérable de familles en France, désireux d’aborder les questions de transmission, d’héritage, de tabous et de refoulements de ces mémoires, les membres de la compagnie ont croisé matière documentaire (témoignages recueillis au sein de leurs propres familles ou de leurs proches, archives historiques) et matière littéraire (poésie, textes dramatiques, romans).

Ce travail minutieux de collecte a été leur point de départ pour s’immerger dans l’Histoire. Passant sans cesse de l’intime au politique, du réel à la fiction, ils créent des scènes qui s’inspirent d’événements historiques, incarnent militants et travailleurs algériens, soldats français, anticolonialistes, harkis, pieds-noirs et leurs descendants. Ce faisant, ils parviennent à mêler rigueur et légèreté, fabriquant un théâtre simple, aux codes dramaturgiques clairs. Les sept acteurs passant d’un rôle à l’autre maîtrisent l’art de la rupture, entretiennent une forte complicité et défendent leurs personnages avec humanité. Surgit un théâtre vivant, nuancé, intelligent et drôle qui, en donnant la parole à ceux qui se sont tus trop longtemps, éclaire les fractures sociales et politiques de la France d’aujourd’hui.

Persuasif et tremblant
J’erre au bord de la grotte
Vers la limpide imploration
Point de soleil encore
Mais de légers nuages
Des oiseaux gémissants
J’ai la douceur du peuple
Effrayante
Au fond du crâne
Et le coeur fume encore
L’hiver est pour demain.

Kateb Yacine, Le Polygone étoilé

Avec Armelle Abibou, Loup Balthazar, Lazare Herson-Macarel en alternance avec Yannick Morzelle, Malek Lamraoui, Raphaël Naasz, Christophe Ntakabanyura, Eva Rami

Avec les voix de Éric Herson-Macarel, Nour-Eddine Maâmar, Paul Max Morin

Collaboration artistiques Alice Carré | Scénographie Julie Boillot-Savarin | Lumière Mariam Rency | Vidéo Jonathan Martin et Mariam Rency | Son Jonathan Marin | Costumes Sarah Lazaro

Production La Compagnie Nova et FAB - Fabriqué à Belleville. Avec le soutien de la Région Île-de-France, de la Ville des Lilas, du Département de la Seine-Saint-Denis, de Lilas-en-Scène, de la Ferme Godier (dans le cadre de la résidence action et territoire de la Drac Île-de-France), du Studio Théâtre de Stains, du Collectif 12, du Centre culturel de la Norville, d’Arcadi et de la Grange Dîmière – Théâtre de Fresnes, de la fondation E.C Art Pomaret, de la Spedidam, de la fondation d’entreprise Vinci pour la cité. Avec la participation artistique du Jeune théâtre national.