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EN SE COUCHANT, IL A RATÉ SON LIT

  • D'APRÈS LES TEXTES DE
    Daniil Harms
  • TRADUCTION
    André Markowicz
  • MISE EN SCÈNE
    Lilo Baur et Jean-Yves Ruf
© Serge Bloch
  • 11 Mars 2019 - 31 Mars 2019
Du lundi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h 30, Relâche le mardi
Durée
estimée : 1h15 - salle Roger Blin

 Les textes de Daniil Harms sont des petits trésors d’humour, vifs et cruels. Le titre du spectacle en témoigne. Pourtant, si l’on plonge dans la biographie de cet auteur, on ouvre en même temps l’une des pages les plus sombres de l’histoire du XXe  siècle. Poète proche du peintre Kazimir Malevitch et cofondateur de l’Oberiou, dernière organisation littéraire de gauche en Russie soviétique avant l’avènement d’une censure totale, né en 1905 et mort de faim pendant le siège de Leningrad en 1942, Daniil Harms a connu un destin heurté, marqué par la grande confusion de son époque. Harms n’a pas eu le temps de se faire connaître avant de se voir interdire toute publication. Il n’a vu paraître de son vivant que deux courts poèmes (en 1926 et 1927). Réhabilité en URSS en 1956, il reste aujourd’hui méconnu en France, malgré une œuvre étonnante, mêlant le tragicomique à l’absurde, maniant la forme courte – poésie, théâtre et prose – dénonçant, par l’humour et le non-sens, la violence et la monstruosité de son temps.

Lors d’un stage mené il y a deux ans au TGP, les metteurs en scène Lilo Baur, Jean-Yves Ruf et Jean Bellorini avaient choisi ces écrits. Le résultat en quelques jours avait tenu de belles promesses.

De ce laboratoire est né le désir de poursuivre le travail et de s’associer. Les saynètes s’enchaînent, très physiques, rythmées, précises. On y voit des chutes, des exactions impunies, des vaudevilles tragiques. La musicalité de la langue, la truculence des personnages, les répétitions, les accélérés et les ralentis composent l’ensemble en une symphonie cruelle. Le groupe de sept comédiens et un musicien – belle équipe aux caractères sensibles et rugueux – se jettent à corps perdu dans ce tourbillon de mots. Poètes prêts à en découdre et à combattre l’arbitraire par le rire.

Une autre vieille s’est penchée par la fenêtre pour regarder celle qui venait de s’écraser, mais, par excès de curiosité, elle a basculé elle aussi, puis elle est tombée et s’est écrasée au sol. Puis une troisième vieille est passée par la fenêtre, puis une quatrième, puis une cinquième. Lorsque a basculé la sixième vieille, j’en ai eu assez de les regarder et je suis allé au marché Maltsevski, où, à ce qu’on disait, un aveugle avait reçu en cadeau un châle tricoté. 

Daniil Harms, Les Vieilles qui tombent

Avec Elissa Alloula, Joan Bellviure, Jean-Christophe Cochard, Isabel Aimé Gonzales Sola, Laurence Mayor, Vincent Mourlon, Pierre-Yves Poudou et le musicien Mich Estrade

Lumière Jean Bellorini | Musique Mich Estrade

Production Théâtre Gérard Philipe, centre dramatique national de Saint-Denis Action financée par la Région Île-de-France.

autour du spectacle

  • dim 02 déc 2018 - 12:00
  • dim 27 jan 2019 - 12:00
  • dim 17 mar 2019 - 12:00

Le restaurant Cuisine club propose un brunch sous forme de buffet

  • dim 24 mar 2019 - 15:30

Dimanche 24 mars 2019, pendant que les parents assistent à la représentation de En se couchant il a raté son lit, les enfants participent à un atelier de pratique théâtrale.

  • dim 24 mar 2019 - 17:00

modérée par Anne-Laure Benharrosh à l’issue de la représentation