PORTE À PORTE

Du 15 novembre au 5 décembre 2010 

La réalisatrice Julia Cordonnier et Aurélie Cardin, directrice du festival de cinéma Cinébanlieue, ont créé à Aubervilliers en 2006, l’association Backstreet Productions. Dans ce cadre, elles proposent à de jeunes habitants de Seine-Saint-Denis et de Paris de participer à des projets photographiques collectifs sur Paris et sa banlieue proche, en mettant en lumière ceux qui y vivent. En 2008, l’exposition photographique « Diverses Cités » préfacée par l’écrivain François Bégaudeau, est née de ce travail avec de jeunes habitants.
En 2010, l’exposition photographique « Porte à Porte » préfacée par l’écrivain Philippe Vasset a été présentée à Paris à Confluences en juin 2010 et à l’université Paris 13-Villetaneuse en octobre dernier.

À l'heure des débats sur l'avenir de l'agglomération parisienne, il nous parait intéressant de confronter nos regards sur ces espaces urbains, vastes échangeurs entre Paris et sa banlieue. Les portes de Paris sont des zones de flux en pleine mutation que tout le monde traverse mais où l'on s'arrête rarement. Pourtant elles fourmillent de vie et d'activités. Qui habite, qui travaille dans ces espaces de transit entre la capitale et sa banlieue ? Que nous racontent ces lieux souvent chargés d'histoire au sujet de Paris et de sa banlieue proche ?

À travers nos images, c'est ce que nous souhaitons vous faire découvrir.

L’exposition présente 38 tirages et une installation vidéo.

Photographes : Djamel Baghezza, Vivien Boyi-Banga, Aurélie Cardin, Julia Cordonnier, Samuel Dessons, Winnie Goma, Uriel Jaouen-Zréhen, Linda Lollia, Sofien Murat, Adeline Sureau, Florence Vahl.

Avec le soutien de l’Acsé, la fondation RATP, le service culturel de l’université Paris 13, le FSDIE, le CG 93, la ville d’Aubervilliers.

Portes dérobées
Paris ne s’offre pas par ses portes : la majorité des visiteurs préfèrent glisser sous la ville et émerger aux endroits connus, identifiés, célébrés.
Aller voir aux portes de Paris, comme l’ont fait les jeunes explorateurs emmenés par la réalisatrice Julia Cordonnier, c’est regarder sous les jupes de la métropole : tout est simultané, rien n’est mis en scène.
Dans ces lieux coexistent, comme dans les tableaux cubistes, toutes les dimensions de Paris : les énormes infrastructures routières et les sentiers ménagés dans la boue, les sièges sociaux et les tentes des SDF, les affiches publicitaires et les graffitis, les puces, les cirques et les camionnettes de prostituées.
Ce trop plein empêche la pose : impossible d’isoler un élément dans la profusion, il faut se résoudre à laisser les flux déborder les images et les détails contredire les premiers plans.
Aux portes, les appels d’air ébouriffent les passants, dispersent les groupes et font bifurquer les histoires.
On est ici et ailleurs, on est dehors et dedans : inutile de pénétrer plus avant, celui qui se tient au seuil des portes connaît déjà tout de la ville.

Philippe Vasset

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