AU FIL DE L’EAU, exposition photographique collective
19 décembre > 19 février 2012
La réalisatrice Julia Cordonnier et Aurélie Cardin, directrice du festival de cinéma Cinébanlieue, ont créé à Aubervilliers en 2006, l’association Backstreet Productions. Dans ce cadre, elles proposent à de jeunes habitants de Seine Saint-Denis et de Paris de participer à des projets artistiques collectifs sur la capitale et sa banlieue proche, en mettant en lumière ceux qui y vivent.
L’exposition « Au Fil de l’eau » propose 30 tirages et une installation vidéo.
Bords de Seine au cœur de Paris, Canal Saint-Martin, Bassin de la Villette, Canal de L’Ourcq, Canal Saint-Denis…
A chaque endroit, souvent, ils ont été plusieurs à se promener, pour donner à voir à l’autre, ce que seul on peut voir, à l’instant, à ce moment-là.
Au fil de l’eau est un chassé-croisé de regards où celui de l’un continue et complète celui de l’autre.
C’est ainsi que paysages et visages se retrouvent à l’occasion, semblables et différents dans les regards enjoués, poétiques et attentifs de ces jeunes photographes, novices pour la plupart, qui ont participé à cette aventure.
Photographes : Noosrath Abdoul Hakim, Djamel Baghezza, Sophie Chen, Julia Cordonnier, Lionel Guelable, Uriel Jaouen-Zréhen, Lynda Lollia, Yacine Mamouni, Preslava Mihaylova, Sofien Murat, Jessye Padé, Sylvain Sireau, Suzanne Tran, Sabrine Youssef.
Avec le soutien de l’Acsé, le service culturel de l’université Paris 13 et le FSDIE, le Département de la Seine Saint-Denis, la ville d’Aubervilliers, la fondation Ratp, Extra-Muros.
L’écrivain Christian Garcin a préfacé l’exposition :
Montagnard du côté de mon père, marin de haute mer du côté de ma mère, rien ne me prédisposait à cette étrange nostalgie des fleuves que j’éprouve depuis toujours. À cela je vois plusieurs raisons, dont témoignent, pour au moins deux d’entre elles, les photos de l’exposition « Au fil de l’eau ».Partout où coulent les fleuves, à la fois lents et mouvants, éternels et éphémères, puisqu’il est bien connu qu’on ne s’y baigne jamais deux fois dans les mêmes eaux, semblent se cristalliser des concentrés d’humanité tels que les ont saisis ces photos des bords de Seine, où l’on voit des peintres, des sportifs, des sdf, des hommes d’affaires, des amoureux, des jardiniers, des flâneurs, des familles, des pêcheurs, des ouvriers, des adolescents et des vieillards se succéder, attirés par le magnétisme du fleuve comme par la scène d’un théâtre de rue. Partout dans ces photos en effet, c’est la vie qui s’installe, faite de solitude et de chaleur, de drames intimes, de sourires et d’amours partagés. Et puis il y a, qui sous-tend ce florilège vivace, toute une dynamique ici mise en abyme : celle qui, de la trajectoire des eaux à la flèche d’un pont ou celle d’un regard, des diagonales d’une proue de navire à celles de colonnes en enfilades, de l’éclat des sourires à celui des eaux calmes, indique la promesse d’un ailleurs, le mouvement qui jaillit et, là encore, la vie qui triomphe. Parcourez cette exposition, vous vous trouverez embarqués à la pointe de regards croisés, qui associent au flot des énergies la grâce des trajectoires.
Christian Garcin




