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UNE MOUETTE

théâtre
  • D'APRÈS LA MOUETTE DE
    Anton Tchekhov
  • ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE
    Isabelle Lafon
18 Avril 2017 > 6 Mai 2017
 © Serge BLOCH

La ? Une ? La langue russe ne contient ni article défini ni article indéfini. Ce qui importe pour Isabelle Lafon, c’est de livrer une Mouette qui soit à la fois intime, familière et insaisissable. Aussi, en choisissant le texte d’Anton Tchekhov, didascalies comprises, en prenant à elles seules tous les rôles, les cinq comédiennes savent qu’il y a aura des manques. Mais le manque est justement le fil qui noue les amours et les aspirations artistiques nombreuses dans cette pièce où acteurs, écrivains, metteurs en scène désespèrent d’exprimer ce qui brûle en eux-mêmes. Et c’est bien le manque qui oblige à inventer, à motiver et à imaginer…

La pièce s’ouvre sur ces mots : « Coin de parc dans la propriété de Sorine. Une large allée, partant du public et traversant le parc jusqu’à un lac, est barrée par une estrade hâtivement dressée pour un spectacle d’amateurs, si bien que le lac est entièrement invisible. » Dans ce début, Isabelle Lafon reconnaît les prémisses nécessaires au théâtre ; la possibilité, rien qu’en le disant, d’entrer ensemble, spectateurs et actrices, dans un texte. Cette adaptation opère une réduction mais, comme Nina amaigrie au quatrième acte, « ses yeux sont plus grands ». Visant toujours le point ténu, aigu où surgit le théâtre, Isabelle Lafon tente avec Une mouette, comme elle le fait souvent avec d’autres textes qui ne sont pas dédiés au départ à la scène, de rendre à la parole son pouvoir plein : donner naissance aux images dès lors que la parole entre « en jeu ».

Chère petite actrice. Oh ! Ne te laisse pas épuiser, ne te laisse pas refroidir. Ce théâtre, c’est ta fierté. L’art, et particulièrement le théâtre, est le domaine où l’on ne peut avancer sans trébucher. Si je vivais à Moscou, j’essaierais de m’y faire engager dans l’administration, ne serait-ce que comme gardien, pour aider un tant soit peu et, si c’était possible, t’empêcher de te refroidir pour cette chère et drôle d’entreprise. Porte-toi bien, mon petit ange.

Anton Tchekhov

Avec Karyll Elgrichi, Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon, Judith Périllat, Marie Piemontese

Traduction Antoine Vitez | Lumière Marion Hewlett, Patrice Lechevallier

Le texte est publié aux éditions Le Livre de poche, collection Le Théâtre de poche.

Coproduction Les Merveilleuses – Théâtre Paris-Villette. Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Île-de-France), de la Ville de Paris et ARCADI. La compagnie Les Merveilleuses est conventionnée par la DRAC Île-de-France

autour du spectacle

  • dim 30 avr 16:00

  • dim 30 avr 17:00