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NKENGUEGI

théâtre
création
  • TEXTE ET MISE EN SCÈNE
    Dieudonné Niangouna
© Serge Bloch
  • 9 Novembre 2016 - 26 Novembre 2016

Dernier volet d’une trilogie initiée avec Le Socle des vertiges, poursuivie avec Shéda, Nkenguegi s’inscrit dans le parcours d’un écrivain qui considère que «l’art, c’est s’échapper de la barbarie». Grâce à une langue qui inscrit le réel dans l’imaginaire, une langue vivante, délirante, poétique, abrupte qui se déroule comme un flot charriant autant d’émotions que de colères, Dieudonné Niangouna ne cherche pas à émouvoir, à convaincre, à chercher le juste milieu et le consensus mou. Il attaque, il mord, il dérange, il met les points sur les « i». Il bouscule la langue française, la reconstruit plus tranchante, plus agressive, la réinvente en la rendant capable de faire entendre la douleur profonde de tous ceux qui subissent la violence d’un monde bouleversé. Pas de bavardage inconsistant qui assemble des jugements à l’emporte-pièce, mais une parole d’une impérieuse nécessité, ne refusant pas les contradictions, les hésitations, l’humour et la dérision, qui nous emmène avec force dans une traversée bouleversante. Traversée que, sous nos yeux, des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants entreprennent jour après jour dans les eaux trop souvent mortelles de la Méditerranée mais aussi traversée que l’homme accomplit tout au long de sa vie, traversée des rêves et des cauchemars qui enflamment les esprits. Onze comédiens et deux musiciens habiteront le monde foisonnant de Dieudonné Niangouna, tout à la fois les acteurs d’un théâtre dans le théâtre, des émigrés propulsés dans les mondanités parisiennes, un «type abandonné seul sur une barque», un «voyageur qui s’est fait piquer son rêve», nous entraînant dans les lieux les plus divers, passant d’un continent à l’autre.

 Et je suis resté seul dans ce désert. Plus de chien qui aboie. J’ai tué la caravane. Il n’y a plus que des reliques du futur. Un très grand silence prochain. No man. No body. Don’t panique.

Dieudonné Niangouna, Nkenguegi