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FRANCE-FANTÔME

théâtre
création
  • TEXTE ET MISE EN SCÈNE
    Tiphaine Raffier
© Serge Bloch
  • 31 Janvier 2018 - 10 Février 2018

C’est un genre rarissime au théâtre et c’est une nouvelle venue de la scène française, auteure et metteure en scène de deux premiers spectacles (La Chanson et Dans le nom), qui s’y essaie.
Une oeuvre de science-fiction : voici ce que Tiphaine Raffier propose avec France-fantôme. Dans le mondequ’elle invente, grâce à une technologie nationale, il est devenu possible de charger ses souvenirs dans des coffres-forts numériques reposant au fond de l’océan.
Lorsque la mort advient, il suffit de les injecter dans un autre corps. On réintègre alors le monde des vivants. On appartient à la communauté des « rappelés ».

Pas d’esthétique futuriste, mais plutôt un lieu d’expérimentation philosophique. Dans cette société libérale qui ressemble fort à la nôtre, la résurrection est devenue un marché ; l’incarnation, le stade ultime, tridimensionnel, de l’image. Les effets en sont divers : les visages ne comptent plus, les écrans les brouillent. Les oeuvres d’art tombent dans l’oubli, puisque la représentation humaine est jugée indésirable. Des clivages entre les rappelés et les « originaux » se forment, car les premiers revendiquent un statut d’égalité avec les seconds.
Dans cette « France-fantôme » où le deuil est au centre de la vie, on suit le parcours d’une femme qui perd son compagnon. Son amour pour le disparu, sa douleur, contredisent tous les mécanismes palliatifs. Le système se grippe, chair contre souvenirs.
Avec neuf acteurs et musiciens au plateau, Tiphaine Raffier dévoile ce monde inquiétant pour mieux parler de la grande intimité – la mémoire et le chagrin.

Souvenez-vous !
La cassette
la mini-cassette
le disque-laser
le mini-disque
le betamax
la cassette VHS
le DVD
les semi-conducteurs
les clefs USB
les disques durs externes.
Hier, il fallait payer 8 000 euros pour sauvegarder 20 gigabit.
Aujourd’hui vos souvenirs valent de l’or.

Tiphaine Raffier, France-fantôme

Avec Guillaume Bachelé, François Godart, Mexianu Medenou, Édith Mérieau, Haïni Wang, Johann Weber (distribution en cours) et les musiciens Marie Éberlé et Pierre Marescaux

Lumière Mathilde Chamoux | Son John Kaced | Vidéo Pierre Martin | Scénographie Hélène Jourdan | Costumes Caroline Tavernier | Assistanat à la mise en scène Lyly Chartier-Mignauw | Régie générale Arnaud Seghiri

Production Théâtre du Nord, CDN Lille-Tourcoing - Hauts-de-France, Cie La femme coupée en deux Coproduction Scène nationale 61, Alençon, Le Phénix, scène nationale de Valenciennes, La Criée, Théâtre national de Marseille, La rose des vents, scène nationale Lille Métropole / Villeneuve d’Ascq, le Théâtre de Lorient - Centre dramatique national Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Hauts-de-France) et du DICREAM Avec le dispositif d’insertion de l’École du Nord, soutenu par la Région Hauts-de-France et du ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Nord-Pasde-Calais-Picardie).